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3/1/1998
Déjà six ans…
Six longues années que je ne vois plus la
lumière du jour. Six ans que je n’ai plus aperçu une verte prairie autrement
que par le truchement d’un tube cathodique. Six ans que je vis presque seul,
dans ce cagibi humide, seul endroit accessible à ma bourse et que j’ai pu
trouver pour échapper aux rayons dévastateurs de la lumineuse incarnation de
Râ. Dans mon réduit, où règne en permanence la lumière blafarde d’une ampoule
de mauvaise qualité, j’ai installé un cercueil couleur ébène dans lequel je
puis venir me dissimuler lorsque la lune se couche, pour échapper à la brûlure
de l’astre du jour.
Je suis obligé de sortir trois ou quatre fois
par semaine, pour aller me nourrir. Depuis cette nuit fatale de décembre 1992,
je bois du sang pour survivre.
Au début, j’ai bien essayé de ne pas tuer
d’être humain, mais je me suis vite rendu compte que leur vitæ était de loin la
plus nourrissante… La plus nourrissante, et la plus savoureuse aussi. Je peux bien
sûr me rabattre, le cas échéant, sur n’importe
quel mammifère, mais dans cette jungle de béton, il est plus facile de trouver
un humain que n’importe quel autre animal, à part les animaux domestiques, et
je ne suis pas du genre à me nourrir de chien ou de chat. Auparavant, je devais
me nourrir tous les soirs, mais aujourd’hui ( oh, que ce mot est mal choisi )
je peux rester quelques jours sans devoir chasser pour assurer ma subsistance.
J’avais décidé d’écrire ce journal il y
quelques temps, déjà, mais j’avais à chaque fois repoussé l’échéance. Et puis,
cette nuit, j’ai fait une rencontre. Une créature si bizarre… Elle m’a suivi
pendant toute ma chasse, puis s’est détournée de moi dès que j’ai attaqué ma
proie au détour d’une ruelle inoccupée. J’ai fait semblant de ne pas remarquer
que de chasseur, j’étais devenu une proie, pour essayer de retourner la
poursuite à mon avantage, mais la chose qui me traquait a disparu dans la nuit.
Et depuis, j’ai peur. Je n’avais plus eu peur depuis le jour où l’on m’avait
inoculé dans les veines la Malédiction. J’ai peur que cette créature me
rattrape, un soir, et me tue. Je déteste cette vie, mais je ne peux me résoudre
à la quitter. Il aurait été très facile pour moi de me suicider, simplement en
laissant ouverte l’unique fenêtre actuellement barricadée de ma soupente, mais
la volonté de survie est beaucoup trop présente en moi pour cela.
La seule façon que j’aie d’échapper à cette
créature, c’est de la tuer, ou du moins c’est ce que je crois. Elle possède une
vivacité étonnante, et si je n’ai pas vu son visage, je me l’imagine très bien.
Elle a le visage des monstres de mes cauchemars d’antan. Et moi, me
direz-vous ? Hé bien, comment pourrais-je le savoir ? Depuis six ans
que je ne me suis pas vu dans un miroir… Peut-être ai-je le visage d’un monstre,
moi aussi. Mais en laissant courir mes doigts le long de mon front et de mes
joues, je ne sens rien de changé. Ce qui n’empêche pas mes victimes de hurler à
chaque fois que je m’avance vers elles.
Le jour va bientôt se lever, et je sens déjà
une irrésistible torpeur m’envahir…
4/11/1998
Je me réveille d’un sommeil de plomb, sans
aucun rêve. C’est l’une des choses qui me manquent le plus depuis tout ce
temps. Je n’ai plus eu de visite de mes amis en songe comme j’en avais si
souvent, presque toutes les nuits, auparavant. Peut-être parce que je ne dors à
présent que la journée ? Allez savoir... Les mécanismes du cerveau ont
toujours été une parfaite énigme pour moi depuis l’université. Je ne sais même
pas si on peut appeler ça dormir. Je qualifierai plutôt mon sommeil de mort
temporaire… De fait, je ne respire jamais, donc je suis mort, mais de plus,
pendant la journée, à la manière d’une gargouille qui se transforme en pierre,
je suis plongé dans une léthargie d’une profondeur abyssale. Il a toujours été impossible
de me réveiller, malgré les nombreuses expériences que j’avais tentées au début
de ma nouvelle existence, (ou plutôt non-existence ) en programmant ma montre
pour biper pendant mon sommeil.
Je n’ai pas envie d’aller chasser, ce soir,
mais je vais sortir quand même. Il faut que je vérifie si cette ombre me suit
toujours, et je vais tenter de mieux l’apercevoir. Bien que je sois un peu
inquiet, ma curiosité est toujours la plus forte.
Quatre
heures plus tard.
Je n’ai rien vu. Ni ombre, ni créature.
Pourtant, j’ai bien fait attention de me montrer à la lumière des lampadaires,
pour lui laisser un avantage, mais je n’ai rien vu. Bizarre. Cette ombre
aurait-elle été un effet de mon imagination ?
5/11/1998
Je rentre de ma chasse. Mon Calice de ce soir
était une jeune femme occidentale, les cheveux bruns, et son sang avait une
saveur fruitée délicieuse. J’ai laissé son corps dans la Seine. Espérons que
personne ne le trouvera.
Toujours aucune trace de la créature. Je
commence à me demander si ce journal est une bonne idée, après tout, puisque
personne ne le lira jamais.
6/11/1998
Ce soir, je n’avais pas besoin de me nourrir,
mais je suis sorti quand même, par curiosité, pour voir si cette créature de la
nuit se trouvait dans les parages. Je n’ai strictement
rien vu, mais il m’a semblé entendre des bruits de pas derrière moi quand je
marchais dans une venelle sombre. Je me suis aussitôt retourné, mais la rue
était complètement déserte...
D’ailleurs, je me demande pourquoi j’ai si peur
de cette créature. Elle ne m’a jamais menacé, après tout ! Et puis, j’ai
maintenant une force phénoménale et une rapidité hors du commun… Qui donc dans
cette ville pourrait me battre au combat à main nue ?
Je vais ressortir demain soir. Je vais tenter
d’entrer en contact avec un de mes anciens informateurs, du temps où j’étais
encore humain.
Du temps où j’étais encore humain… Que cela me
semble étrange de prononcer cette phrase, même après tout ce temps… Lorsque
j’étais encore un être humain, lorsque j’avais encore un emploi, lorsque je
pouvais encore me balader le long des quais de la Seine, regardant les reflets
du soleil dans l’onde…
Mon emploi… J’étais un jeune fonctionnaire,
plein d’avenir, travaillant à la CIA en tant qu’inspecteur. Et puis, un soir,
je suis allé trop loin lors d’une enquête, et je ne suis jamais revenu. Quelle
satanée recherche sur un satané repère de satané terroriste. Une enquête si
bien démarrée sur des cultistes d’un ancien Dieu sombre d’Egypte. Mais c’est
encore trop dur pour moi d’en parler, et encore plus de l’écrire.
La lune se couche.
8/11/1998
J’ai enfin vu la créature en face, il y a deux
soirs. Enfin… En face est un bien grand mot, puisque je n’ai eu le temps que de
voir une mâchoire presque humaine s’abattre sur mon bras droit, et me
déchiqueter mes chairs tandis que je poussai un cri de douleur. Et puis, mon
agresseur a disparu, tout simplement. Il était vêtu du même manteau, et j’ai vu
distinctement des yeux rouge comme l’enfer sur son visage.
Je venais de sortir de la gargote où loge ( si
l’on peut appeler ça loger ) mon vieil informateur pendant la pénombre. Je ne
l’avais plus revu depuis une demi-douzaine d’années, mais il n’a rien remarqué
d’étrange sur moi. Il n’a rien pu me dire sur une créature étrange rôdant dans
les rues, malgré la perspective alléchante des quelques billets que je lui
tendais. Je les lui ai donné quand même… Je n’ai plus grand chose à faire de
l’argent, de toutes façons.
J’avais à peine fait quelques pas hors de chez
lui que je me suis fait surprendre par cette chose. Cette blessure m’a fait plus profondément
souffrir que n’importe laquelle des estafilades qu’ont pu me faire mes
victimes. Je suis resté endormi pendant deux journées entières et une nuit, et
ce soir, ma blessure est presque refermée. Apparemment, il y avait quelque
chose de spécial, dans cette morsure, puisque je cicatrise d’habitude en
quelques heures.
Et puis… Pourquoi est-ce que cette créature me
suit ? Pourquoi m’a t’elle attaquée ce soir ? Je ne lui ai rien fait,
que je sache ! Je n’ai jamais blessé personne, en dehors de mes Calices,
mais personne ne l’a jamais su… Du moins je crois… Et puis, qui donc me voudrait
du mal ?
Il faut que je sorte, pour aller chasser.
Espérons que je ne ferai aucune mauvaise rencontre…
9/11/1998
Il s’est passée une chose…étonnante, durant la
journée. Cela est très difficile à expliquer… Je me suis mis à penser pendant
mon sommeil. En fait, ce n’était pas vraiment de la pensée, plutôt des images
qui s’imposaient à moi. J’ai vu un visage, d’une beauté extraordinaire
s’avancer vers moi, j’ai vu ces lèvres si belles s’ouvrir, et commencer à
articuler des mots que je n’arrivais pas à entendre. Je savais que j’avais déjà
vu ce visage quelque part, mais j’étais ( et je suis toujours ) incapable de
mettre un nom sur cette face, si parfaite qu’elle en était impersonnelle. Pendant quelques instants, elle continua à
tenter de communiquer avec moi, et je voyais toute sortes de sentiments passer
sur son visage. Tout d’abord la joie, puis l’indignation. Et pour finir, j’ai
nettement vu un spasme de colère déformer son visage. Qui d’angélique, est
passé de l’autre côté de la frontière pour bientôt paraître à la semblance de à
un démon. Les opulents cheveux auburn devinrent d’un noir sec, et les yeux, du
gris le plus pur prirent une teinte cramoisie éclatante.
Son faciès était à présent du plus repoussant,
mais je crois que je ne ressentais aucune peur. Il vociféra à mon encontre
pendant longtemps, puis je le vis fermer les yeux. Tout était à présent d’un
calme apparemment immuable. Puis je ne vis que deux trous béants à la place de
ses globes oculaires. Ces orifices commencèrent à grandir, pour bientôt créer à
la place de son visage un unique gouffre où je semblais devoir disparaître. Je
ne voyais à présent que du noir.
Pour la première fois depuis le début de ce
« rêve » j’entendis un semblant de voix…
Sachez que comme du temps qui fut le mien, le
Sire aura toujours le droit de vie ou de mort sur ses sujets.
Car c'est l'Ordre des choses tel qu'il a été
établit dans les Cieux comme sur Terre.
Mon père le Dragon a ce droit sur Moi, Moi je
l'ai sur vous,
Et vous, mes enfants, vous le possédez sur tout
Enfant que vous engendrerez.
Cette voix était chuchotante, frémissante,
comme détentrice d’un secret trop lourd à porter.
A ce moment, je me réveillais en sursaut,
exsudant du sang par tous les pores de ma peau. J’ai à peine pris le temps de
me nettoyer avant de m’asseoir à ma table de travail pour rédiger mes souvenirs
avant qu’ils perdent de leur exactitude.
Qu’est-ce que tout cela signifie ?
10/11/1998
Je n’ai rien vu de spécial, hier soir. Je me
suis attardé le plus longtemps possible dans les rues pour tenter de repérer la
créature, mais sans aucun résultat. Je suis rentré juste à temps pour
m’enfermer dans mon cercueil et ne pas souffrir de la brûlure du jour.
Je trouve que j’ai des réactions bizarres.
Cette créature m’a fait du mal, et pourtant je ressens le besoin viscéral
d’aller la retrouver, même si je ne sais pas encore où.
A l’endroit où elle m’avait mordu, il reste des
cicatrices crayeuses qui s’entrelacent en un fin réseau.
Je vais encore tenter de la retrouver, ce soir.
A moins que ce ne soit elle qui ne me retrouve. Auquel cas je n’écrirais
peut-être pas dans ce journal demain soir.
Et ce rêve qui continue de me hanter… Je n’ai
plus eu cette visite éprouvante, mais je n’arrête pas d’y penser.
13/11/1998
Je suis encore vivant. Corollaire immédiat que
pourrait faire un éventuel lecteur de ce journal : je n’ai fait aucune
mauvaise rencontre.
Wrong Answer.
Lors de ma chasse, il y a de cela maintenant trois
nuits, j’ai bel et bien eu le plaisir ( ou plutôt dans mon cas le déplaisir )
de me retrouver confronté à mon égérie.
Je venais d’aspirer la vitæ d’un jeune homme
des faubourgs, et j’avais dissimulé les restes de mon repas dans un endroit sûr
où je savais qu’il ne serait découvert que quelques mois plus tard, si je
n’avais pas de chance. Son sang était délicieux, sirupeux comme je ne l’avais
pas souvent vu. Le problème de tels calices, c’est que n’on peut y goûter
qu’une fois.
Je rentrais donc vers ma cachette, anxieux, et
c’est là que la créature est venue à moi, alors que je marchais à l’heure la
plus sombre de la nuit au milieu d’une rue désertée par les véhicules. Je
retranscris cette rencontre dans les moindres détails, de peur que ma mémoire
ne soit altérée par le temps.
Il s’est avancé d’une rue transversale où il se
tenait, marchant d’un pas hésitant. Il est demeuré immobile au milieu de la
chaussée, et a attendu que je m’approche de lui.
J’aurais bien évidemment pu fuir, mais ma
mystérieuse attirance pour lui ne faisait que croître au fur et à mesure que je
l’approchais. Maîtrisant les derniers restes de ma volonté, je m’arrêtais à
quelques pas. Il était vêtu d’un imperméabldéchiré, doté de multiples nuances
de gris et de marrons, et d’un visage noble, le même que la dernière rencontre.
Le col de sa gabardine était relevé, et je ne pouvais distinguer que ses yeux, rouge
vif.
- Qui êtes-vous ? Et pourquoi donc me
suivez vous ainsi ? dis-je d’un ton glacé.
- Je veux ton sang… J’ai besoin de ton
sang…siffla la créature.
- Mais pourquoi donc ! Parlez, avant que
je n’en finisse avec vous ! Criais-je. Je sentais la Bête en moi se
réveiller, j’avais envie de tuer.
Il me répondit d’une voix hoquetante :
- Tu es en contact avec Le fidèle parmi les
fidèles, celui que le saint esprit a donné a la terre, je sens en temps son
emprise, et nos vieille querelle doivent être reglé, je sais qu’il te manipule
cette idiot a robe pourpre !
-Regarde ce qu’il a fait de moi par ses
jalousies
- tu va me dire que tu n’y est pour rien, mais
moi aussi je peu lire, moi aussi je peu lire dans les rêve, et les tiens sont
proche de t’achevé, en plus si je ne me trompe pas tu es juif….ça n’en sera que
plus savoureux !!
Son corps était complètement brûlé, comme s’il
avait été… Comme s’il avait été exposé aux feux du soleil. La moindre parcelle
de sa peau était calcinée, sauf le haut de son visage. Je restai perplexe.
Que faire ?
C’est à ce moment là que je perdis connaissance,
mais avant de m’endormir j’entendis une voix sortir de ma bouche avec le même
accent ancien que celui de mon rêve, et celle-ci disait :
«
Tu ne me voleras pas ce cette bouche là idiot… »
Et voila que je me réveille, j’écris ces lignes
rapidement, mais j’entends déjà des bruits de pas dans l’escalier... est ce lui
qui arrive ?...
Je viens de
retrouvé ces pages, sans doute arraché d’un carnet intime pour monstre. Il ce
trouvait sur le corps d’un vampire que je suivais depuis déjà 25 jours, je dois
bien avouer que je n’ai pas du tout compris de quoi il parlait…Par contre son corps lui est très
éloquent vu qu’il ressemble désormais a celui d’un cadavre en putréfaction sur
lequel on a mangé des bouts… ça en fait
un de moins à éliminer…Bien que je ne sois pas là pour ça.
Je sens que je suis proche du but, mais il y a quand même pas mal de point
d’interrogations par exemple comment me faire passer pour un mort…
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bip...... bip........bip.........nannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
"heure du décès de l'alcdf ?"
18 septembre 2009 - 14h12